La dépression: les 4 idées reçues qui empêchent de retrouver sa joie de vivre.
- Alexandre Jerome
- 19 janv. 2021
- 6 min de lecture
L’absence de signes physiques explicites de cette maladie laisse place à d’innombrables idées reçues. Pas toujours fausses, elles sont en revanche des réponses trop simples à face des questions bien plus complexes.
Vivre dans un état dépressif ne relève pas d’une fatalité, il est donc possible d'en sortir, voici 4 idées reçues à démystifier pour y voir plus clair à ce sujet et retrouver son sourire intérieur.

La dépression, qu’est-ce que c’est ?
La dépression, également appelée troubles dépressifs, peut être confondue avec une « déprime » passagère ou un simple « coup de blues ». Or il s’agit d’un véritable trouble psychique, ou plutôt d’une famille de troubles. Ces troubles dépressifs se manifestent par une humeur triste, une perte d’intérêt pour toute activité et une baisse de l’énergie.
Les troubles dépressifs peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie affective, familiale, professionnelle et sociale de la personne concernée. Malgré ces difficultés, il est possible de se rétablir d’une dépression.
« Déprime » ou dépression ?
L’existence nous confronte à des difficultés, des séparations, des conflits et des frustrations qui provoquent parfois tristesse, découragement, lassitude et altération de l'estime de soi. Ces épisodes peuvent faire penser à tort à une dépression.
Le soutien de proches, le recours à une aide professionnelle peut aider à surmonter cette tristesse, cette « déprime » sans qu’il soit nécessaire de recourir à un médicament antidépresseur.
Dans la dépression, contrairement à la « déprime », l’humeur et le mal-être varient peu d’un jour à l’autre ou selon les événements de vie.
Les symptômes de dépression
Selon l’OMS, la dépression se définit par un certain nombre de symptômes. Pour que le diagnostic soit posé, plusieurs de ces symptômes doivent être présents toute la journée et presque tous les jours, durant au moins deux semaines. Ils ne doivent pas apparaître ou disparaître en fonction des circonstances de la vie.
humeur dépressive, tristesse, perte d’intérêt
fatigue ou perte d’énergie
trouble de l’appétit (avec perte ou prise de poids)
troubles du sommeil (perte ou augmentation)
ralentissement ou agitation psychomotrice
sentiment d’infériorité, perte de l’estime de soi
sentiment de culpabilité inappropriée
difficultés de concentration
idées noires, pensées de mort, comportement suicidaire.
Selon la durée, la sévérité et le nombre des symptômes, en parlera d’épisode dépressif léger, moyen ou sévère.

Les 4 principales idées reçues sur la dépression
Le dépressif n’a pas de volonté de s'en sortir
« Les dépressifs sont des gens faibles qui manquent de volonté. Il suffit de faire des efforts pour s’en sortir »
La perte d’énergie et d’intérêt pour les activités habituelles sont précisément des symptômes de la dépression. La volonté seule ne permet pas de s’en sortir.
"Tout le monde a des problèmes, OK?!" Cette idée insinuerait que le dépressif n'est pas capable d'essayer de résoudre les siens, ce qui n'est pas le cas. Il peut ponctuellement, du fait de la dépression, être incapable d'agir, de se concentrer et de bâtir une stratégie pour s'en sortir.
La capacité du dépressif à s'en sortir réside dans la valeur qu'il s'accorde en tant qu'être indépendant à trouver des solutions efficaces au traitement de sa douleur psychique.
Stimuler pour aider ou s'auto-stimuler pour s'aider et sortir de l'état dépressif en valorisant, reconnaissant et encourageant.
Il existe des suggestions efficaces qui renforcent la confiance et la motivation comme " j'ai de la valeur et je m'aime tel que je suis" ou bien " tu as énormément de valeurs, et je connait ta capacité à vaincre .... Telle ou telle situations ou problèmes..."
Pratiquer l'auto suggestion et la reconnaissance positive, aide à percevoir et surtout enregistrer la partie agréable de notre vie.
Tenez un journal d'auto-reconnaissance positive en écrivant tous les jours au minimum 5 actions menés ou le résultat à impliqué un changement, du plus minime au plus grand. Par exemple " ce matin, en prenant ma douche, j'ai constaté une sensation agréable d'être propre après" ou bien " en allant chercher mon pain, la boulangère m'a adressé un joli sourire."
Dépressif un jour, dépressif toujours
Vivre dans un état dépressif ne relève pas d’une fatalité. Beaucoup de gens pensent que c'est également leur propre trait de caractère que de broyer du noir, ce qui en réalité est totalement faux.
Les tendances à " être dépressif " sont parfois liées simplement aux croyances véhiculées par l'environnement familial lorsque l'on est petit, et qui bien souvent encore stimulées à l'âge adulte, renforcent cette fausse croyance de soi.
On sait que la dépression peut se transmettre d'une génération à l'autre.
Ce qui est sûr, c'est que quel qu'en soit son origine, on peut se rétablir d’une dépression.
Si le recours aux soins est souvent indispensable en cas de dépression, on peut aussi essayer de s’aider par soi-même.
Des échanges avec des personnes vivant ou ayant vécu des troubles dépressifs peut vous apporter un réel soutien.
Un dépressif va mal alors qu’il n’a mal nulle part
La dépression est un bug de la chimie cérébrale. C’est un dysfonctionnement des neuromédiateurs, comme par exemple la dopamine ou la sérotonine , ces substances chimiques qui agissent sur notre tonus, notre humeur ou notre appétit de vivre. C’est une maladie physique peu détectable à l'œil nu, déclenchée le plus souvent par un trouble psychologique. La tendance à être dépressif est aussi souvent lié à l'histoire que nous entretenons avec notre propre censure. Marshall Rosenberg disait que " la dépression que l'on obtient face à notre conformité."
Développer sa propre capacité à s' autonomiser, reconnaître ses besoins et apprendre à les satisfaire par soi-même, procure énormément de satisfactions, et booste littéralement la confiance. Les circuits de la récompense et de la motivation du cerveau sont alors stimulés et renforcés.
Stimulez votre sérotonine en pratiquant une activité physique que vous aimez, en pratiquant la méditation, en vous exposant à la lumière du jour, en faisant attention à voss rythmes de sommeil et votre alimentation, en limitant votre consommation d’alcool, de médicaments anxiolytiques ou de substances psychotropes (cannabis, autres drogues).
Un dépressif manque de coup de pied au fesses
Quand on parle de conformité, on parle de cette atteinte à la liberté d'être soi-même face aux injonctions de l'autre. C'est pour cela que dire « Secoue-toi », « Bouge-toi » ou encore « Fais un effort ! » à une personne dépressive, ne lui donnera pas l'élan d'énergie dont il a besoin pour sortir de ces problèmes...
Ce type d’échange avec l’entourage est rapporté si souvent par les patients que les psychiatres ont fini par lui donner un petit nom.
Ils l’appellent le « syndrome orangina », allusion au slogan de la marque de boisson gazeuse, « Secouez-moi – sinon la pulpe elle reste en bas ».
Ces petites phrases certes prononcées avec bienveillance et empathie, le plus souvent dans l’intention d’aider, se révèlent presque toujours inefficaces.
Les personnes ciblés par ces messages en thérapie, expliquent très bien combien ces conseils et injonctions peuvent s’avérer culpabilisants et finalement contre-productifs.
Il en ressort que la dépression intervient souvient du fait que justement, ces injonctions ou ces moyens de pressions ont été trop fréquents dans leurs enfance et que leur cerveau, en obéissant à ces messages en a oublié sa propre capacité de penser et d'agir par soi-même et pour soi-même pour trouver des solutions.
L’entourage est donc dans ces cas incité à chercher d’autres moyens de communication afin d’aider un proche touché par la dépression.
Sortir d'une dépression passe souvent par un réapprentissage de sa propre capacité à exprimer ses besoin, mais également à apprendre à poser des limites dans ces relations, et s'autoriser à écouter sa voix(e) intérieure afin de traduire ces demandes en actions et décisions.
Prenez un cahier et listez au quotidien toutes les fois où vous auriez eu besoin de quelque chose pour vous sentir à votre équilibre, et où vous vous êtes sentis empêchés d'y accéder.

Neuroscience: les liens entre capacité d'action et dépression expliqués
Le célèbre biologiste et chercheur Henri Laborit a abordé le sujet du rapport de la privation de liberté et de plaisir, l'environnement et de leurs conséquences sur l'humeur et donc la dépression.
Au cours de ses recherches, il a notamment travaillé sur les mécanismes d'inhibition. Que se passe-t-il dans le cerveau quand un animal est placé dans une situation de déplaisir, de douleur ou de danger ? Le mouvement naturel est celui de la fuite. Mettez un rat dans une cage, il se mettra à ronger les parois.
Mais que ce passe-t-il quand on l'empêche d'agir ? C'est ce que Laborit a théorisé dans ce qu'il a appelé les comportements d'inhibition. Il les décrit dans un film auquel il a collaboré : "Mon Oncle d'Amérique" d'Alain Resnais (voir extrait dans la vidéo).
Bloqué dans sa capacité d'agir, l'animal, et donc l'humain, devient agressif, envers les autres (colère, violence, révolte) ou contre lui-même (dépression, maladies psychosomatiques voire suicide).
Comment affronter un obstacle efficacement si on ne peut pas imaginer la possibilité de le contourner ? Comment lutter contre quelqu'un qui veut vous dominer, si vous ne pouvez pas envisager de le fuir ?
Avant d'agir, il faut toujours qu'on puisse imaginer nos possibilités d'agir. Si les seuls résultats qu'on puisse imaginer sont déplaisants, ne reste que l'angoisse, et par conséquent l'agressivité et la dépression.
Selon Henri Laborit, ne pas envisager la fuite ou être mis dans l'impossibilité de fuir, c'est se condamner à l'inefficacité. C'est soit se battre "avec l'énergie du désespoir", soit accepter la domination de celui ou ce qui bloque notre capacité d'agir.
Se permettre d'être soi-même, s'autoriser au plaisirs en écoutant ses désirs, développer son appétit pour la vie en exploitant sa capacité d'agir et de penser, en élaborant un plan de contournement de ce qui écrase, empêche, contraint, ou fait mal, est donc la dynamique fondamentale pour sortir de la dépression, et retrouver son soleil intérieur.
Comments